Les zéros interdits: réflexion personnelle

Je suis tombée sur cet article d’un site super que tout enseignant devrait visiter: Edutopia

Edutopia avait partagé une question qui a suscité tout un débat sur les réseaux sociaux en demandant aux enseignants leur opinion de l’interdiction de mettre un zéro à un élève. C’est un débat bien présent au Québec également.  Certaines légendes urbaines disent que le programme du ministère interdit de mettre zéro ou encore que la note ne peut être plus basse qu’un certain chiffre qui semble changer selon la légende et cette idée dérange plusieurs enseignants. Plusieurs disent que nous créons une génération d’élèves paresseux et d’enfants rois.

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Un zéro ne partait pas autant de débats quand j’étais jeune. En fait oui, un gros avec mes parents si j’en obtenais un, mais je ne me souviens pas d’avoir vu mes parents ou ceux de mes amis, appeler la direction d’école pour un zéro. Après tout, si un élève n’a pas effectué son travail, c’est mérité, non?

La première question qui me vient en tête c’est pourquoi évalue-t-on au juste? L’objectif d’une évaluation est de vérifier si l’élève a atteint les objectifs d’une tâche, développé une compétence ou acquis une connaissance enseignée.  La note elle-même est basée sur une grille d’évaluation et des critères qui se rapportent à des lettres ou des chiffres. Donner une note n’est pas une façon de punir pour un travail non fait… alors que doit-on faire lorsque le travail  n’est pas fait?

Lorsque j’ai commencé à enseigner, j’appliquais la même règle qui s’était appliquée à moi en tant qu’élève et je donnais des zéros…mais je ne me sentais pas toujours à l’aise avec ma décision. Il y avait toujours des exceptions où je me disais que de donner zéro dans ce cas précis n’était pas très  »humain ». J’ai vu des élèves vivre des moments très difficiles dans leur milieu familial, vu des élèves avoir à témoigner contre un parent en court alors qu’un travail était à remettre le lendemain.  J’ai vu des élèves combattre des dépressions et ne pas du tout avoir la tête à faire le travail demandé… Un adulte avec les mêmes problématiques aurait demandé un congé de maladie du travail, mais ces élèves se présentaient à l’école, combattaient la dépression ou l’anxiété qui les habitaient et devaient performer à l’école. On ne demanderait pas la même chose d’un adulte. Celui-ci aurait un billet de médecin et, si la loi est bien respectée et la compassion présente, ne serait pas sanctionné à son travail. Mais il est acceptable de pénaliser un élève dans le même cas?

Bien sûr, l’argument de ce qui est équitable est bien présent dans les débats. Si les autres élèves ont dû faire le travail et le remettre à temps, en quoi est-ce juste et équitable de donner plus de chance à un élève ? À cet argument je réponds: est-ce que c’est équitable que cet élève vive avec ces problématiques alors que l’autre non? Les élèves ne sont pas la somme de travaux remis ou d’examen remplis. Les élèves sont des enfants et des adolescents en développement. Si une compétence n’est pas acquise, l’enseignant doit chercher des façons d’aider l’élève du mieux qu’il peut.

Photo by Thought Catalog on Unsplash

Il peut être très frustrant lorsqu’un élève a le potentiel et est capable de faire la tâche, mais ne la fait pas. C’est alors que devraient se mettre en place d’autres mécanismes… mais un zéro comme punition? Ce qui est juste n’est pas tout blanc, tout noir dans bien des cas!

Dans mes cours d’anglais langue seconde, j’ai des élèves qui arrivent déjà bilingues. Ils ont des parents qui parlent anglais ou de la famille aux États-Unis ou en Ontario et mon cours d’anglais et facile pour eux. Est-ce que je devrais leur donner zéro s’ils n’effectuent pas un travail? Est-ce que ce serait représentatif de leur compétence en anglais? Ou est-ce je devrais regarder ma propre pédagogie et voir comment je peux différencier la tâche pour les motiver?

J’aime beaucoup la citation à la fin de l’article d’Édutopia, elle me parle beaucoup. J’enseigne à des humains après tout! Je n’enseigne pas du contenu ou même de l’anglais langue seconde vraiment… J’enseigne à des élèves et je veux qu’ils aiment ce que je leur enseigne. Je veux qu’ils vivent des success! Donner un zéro? C’est possible, mais j’espère que c’est un dernier recours!

“If you hand me an essay that’s really lousy, do I say ‘F, do better next time,’ or do I say ‘I’m not going to grade this. I expect a much higher quality of work from you. I wrote comments on it. Come to my room at lunchtime, and we’re going to work on it together, and then I need you to turn it in next week’,” Duncan said.

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