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Je suis un pirate

Juste avant la rentrée scolaire, j’étais conviée à une journée de formation intitulée : Teach Like a Pirate. C’est le genre de titre qui, en début d’année scolaire, me fait soupirer. En début d’année scolaire, nous sommes débordés. Je veux mes listes d’élèves, mon horaire, défaire mes boîtes, décorer ma classe et préparer mes premiers cours. Une journée complète de formation pour un prof en début d’année… ouf!

C’est donc avec réticence que j’avais envie d’aller me faire expliquer comment enseigner comme un pirate. J’enseigne au secondaire. Les jeux et les dessins, ce n’est déjà pas mon fort. Mais puisque je savais que l’atelier était donné par Isabelle Giroux (conseillère pédagogique à la CSRDN) et sa collègue Tanja Vaillancourt (enseignante à l’UQUAM et ex-conseillère elle aussi), j’étais certaine que l’atelier serait pertinent et je ne me suis pas trompée. Il fallait que je découvre c’était quoi, cette histoire de pirate!

Teach Like a Pirate

http://daveburgess.com/
http://daveburgess.com/

L’idée d’enseigner comme un pirate vient de l’excellent livre de Dave Burgess, un enseignant américain, qui s’intitule Teache like a Pirate. C’est le genre de livre ultra motivant que tout enseignant devrait lire… surtout en début d’année! Lors de mon dernier billet, je vous parlais de changement en classe et dans le milieu scolaire et ce livre fait suite parfaitement à cette philosophie.

Deux bonnes questions

Deux questions m’ont particulièrement marquée et me suivront cette année, chaque fois que je donnerai un cours. J’invite tous les enseignants à se poser ces questions :


  1. Si vos élèves n’étaient pas obligés d’être dans votre classe, est-ce qu’ils y seraient ?
  2. Pourriez-vous vendre des billets aux élèves pour certains de vos cours ?

De mon côté la réponse est la suivante :

  1. Peut-être la moitié…
  2. J’ai un ou deux projets dans l’année où je crois que oui.

Je me donne donc comme objectif de pouvoir répondre à la hausse à ces questions cette année. Je me suis même imprimé la question afin de la coller sur mon bureau au travail. Elle me forcera à me rappeler qu’il faut absolument que mes cours soient intéressants pour les élèves. Pour la deuxième, je passerai plus de temps à observer mes élèves pour voir leur réaction pendant les activités et prendre en note celles qui sont les plus gagnantes.

L’importance du rapport avec ses élèves

Il y a quelques années, j’avais reçu une réponse troublante de la part d’une élève lors d’un questionnaire de fin d’année. Cette élève m’avait dit : je ne suis pas certaine que vous savez mon nom. Mon cœur a brisé en mille miettes. Je me suis promis que plus jamais un élève ne se sentirait comme ça dans ma classe.

Ce n’est pas toujours facile d’établir un rapport avec les élèves au secondaire. Cette année j’ai 6 groupes d’une trentaine d’élèves. Pas toujours évident d’avoir du temps pour chacun. Mais j’ai comme objectif chaque année, de les connaître du mieux que je peux.

Dans son livre, Dave Burgess propose de commencer les trois premiers cours avec des activités pour faire connaissance et non par un banal PowerPoint ou l’explication des règles de classe. Ouf! Quelle idée déstabilisante ! Moi qui avais préparé mon beau PowerPoint cet été… Le changement, pour qu’il fonctionne, doit être gérable et attaqué par petites bouchées. Lorsqu’on a ajouté un petit quelque chose à notre routine et que ceci est intégré, on peut continuer à ajouter.

Source: https://www.theodysseyonline.com/10-problems-naps-solve
Source: https://www.theodysseyonline.com/10-problems-naps-solve

J’ai donc décidé de faire un moitié-moitié. J’ai divisé mon PowerPoint de début d’année pour qu’il soit plus court. Suite à ma courte présentation, j’ai trouvé des activités d’équipe qui m’ont permis d’observer mes élèves. Celle qui a le mieux fonctionné est le Marshmallow Challenge. Il s’agit pour des équipes de 4 de monter la plus haute tour possible en utilisant 20 spaghettis, un mètre de corde et un mètre de ruban adhésif. La guimauve doit se trouver en haut de la tour. Les élèves avaient 18 minutes et devaient parler en anglais pour réaliser l’épreuve.

http://www.tomwujec.com/design-projects/marshmallow-challenge/
http://www.tomwujec.com/design-projects/marshmallow-challenge/

Ce que ça m’a donné? Un aperçu des preneurs de risques, des leaders, des démotivés, des fonceurs en anglais comme en prototype, des positifs et des négatifs. Bien sûr, je ne juge aucun élève sur la base de ces 18 minutes, mais j’ai pu voir leurs personnalités, leurs craintes et leurs doutes ressortir. J’ai pu circuler et jaser, questionner, encourager les élèves.

L’épreuve m’a aussi permis de leur faire un petit discours très philosophique sur le travail d’équipe et la prise de risque, qui est essentielle à l’apprentissage. D’ailleurs, les enfants de maternelle réussissent mieux cette épreuve que les ingénieurs !

J’ai l’intention de continuer d’appliquer les principes de l’enseignement en tant que pirate cette année. Je me désole de bien des choses dans le domaine de l’éducation. Je n’ai pas le pouvoir de changer grand-chose, mais je crois qu’en améliorant continuellement ma pédagogie, je serai en mesure de faire avancer les choses à ma façon. Je crois que comme enseignant, c’est notre responsabilité que de faire avancer les choses. On prépare nos grands pour la vie adulte. C’est une énorme responsabilité ! C’est pour cela que je serai un pirate cette année!


Note: Je m’efforce d’écrire dans le meilleur français possible. N’hésitez pas à me faire remarquer une coquille ou une faute. Même Antidote n’est pas parfait et la technologie ne remplace pas l’oeil humain 🙂 L’erreur sera corrigée promptement!

 

 

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